Oie cendrée (Anser anser)

Présentation

 

L’oie cendrée (Anser anser) est l'ancêtre de la plupart des races d'oies domestiques que l'on peut rencontrer dans les fermes par exemple. Les individus sauvages ont une silhouette massive qui les distingue des autres espèces d'oie. Ils mesurent entre 68 et 90 cm pour une masse de 2,5 à 3,6 kg et une envergure variant entre 147 et 180 cm. La queue mesure entre 129 et 150 mm. Les mâles sont en moyenne légèrement plus grands et plus lourds que les femelles.

 

Anser anser est une espèce d’eau qui nage plus souvent que les autres oies. À terre, elle marche avec moins de dandinements que les canards et elle est capable de courir avec vélocité (rapidité). Lors des migrations, les troupes d'oies volent généralement en forme de V.

Anser anser volant en V

 

Le vol est puissant, rapide, régulier, avec des battements d'ailes assez lents. Cette espèce plane avant de se poser et, à la fin, chute brusquement. Les variétés domestiques peuvent encore voler, mais sont incapables d'effectuer de longues migrations, car leur conformation est trop lourde.

 

L'oie cendrée niche principalement dans le Nord et l'Est de l'Europe (comme l'Écosse ou l'Allemagne) et jusqu'en Chine. Quelques individus nichent cependant en France, notamment en Alsace : ces populations résultent d'introductions humaines (c'est l'Homme qui les a introduites dans ce milieu).

 

 

Alimentation

 

L'oie cendrée se nourrit principalement en broutant de l'herbe et de jeunes pousses, mais elle peut aussi déterrer des rhizomes, racines et tubercules, glaner des graines, des fleurs et des fruits, voire consommer de petits animaux aquatiques. Sauvage, elle consomme surtout des plantes aquatiques ou des plantes de prairie comme les herbes, les trèfles et les pissenlits.

 

Les oies ne peuvent se nourrir que lorsque les sols sont humides ; lorsque les sols sont secs, elles doivent généralement se contenter de manger des céréales. Les oies peuvent également attaquer certaines cultures maraîchères comme les champs de carottes, pommes de terre, navets, rutabagas et betteraves, et glaner les grains de blé dans les chaumes (toit de maison traditionnel qui est fait de blé dans son entier : brin et épi de blé).

 

Elles se nourrissent principalement à l'aube et en fin de soirée. En cas de sécheresse, elles peuvent se nourrir toute la journée.

Oie cendrée se nourrisant d'herbe

 

Reproduction

 

Les jeunes ressemblent aux adultes, mais leurs pattes sont grises et l'aspect des plumes au niveau du cou, du dos et des flancs est moins veiné, plus uniforme ; en outre ils n’ont jamais de taches noires sur le ventre.

Les oisons de type sauvage sont couverts d'un duvet marron ou jaune-olivâtre sur le dessus, et jaunâtre en dessous.

Dans certains pays où les populations sauvages sont en déclin, comme en Angleterre, il arrive que des individus domestiques revenus à la vie sauvage s'établissent et recolonisent la région.

 

 

Migration

 

Les oies cendrées sauvages sont généralement migratrices, se déplaçant vers le sud et l'ouest en hiver. Cette espèce migre vers ses quartiers d'hiver de septembre à début décembre. Le retour des oies cendrées se déroule de fin février à mars. Les haltes sont plus régulières lorsque ces oiseaux montent vers leurs sites de nidification que lorsqu'ils descendent vers leurs lieux d'hivernage.

 

Lors des déplacements migratoires, les oies ont tendance à voler bruyamment, en formation en V de 50 à 200 individus, quelques fois accompagnées d'autres oiseaux migrateurs comme les grues cendrées ou d'autres espèces d'oies. Même au sein des formations, les couples ne se séparent pas.

Carte d'Europe de migration de Anser anser

 

Menaces

 

Les principaux prédateurs de l'Oie cendrée sont les rapaces, les chiens errants, les renards… et l'Homme. Outre la prédation directe, ce dernier menace les oies par destruction de leur habitat, par exemple par drainage des zones humides (prélever l'humidité de ces zones pour la diriger vers des zones plus sèches) ou par extension de l'urbanisation (agrandissement des villes), et par la pollution industrielle (rejet de gaz toxique par certaines usines) et agricole (pesticides). Toute perturbation des zones humides, comme leur fréquentation par les touristes ou les chasseurs, fragilise ses populations.

 

Dans plusieurs pays d'Europe, des troupes d'oies en migration mettent régulièrement à sac des champs de pomme de terre ou de carottes. Bien que réglementée dans la plupart des pays, la chasse de cet oiseau est ainsi motivée non seulement pour la consommation de l'animal, mais aussi par un sentiment de revanche envers l'oiseau dévastateur. L'oie cendrée est l'oie la plus chassée en France.

 

L'Oie cendrée est aussi l'une des oies les plus sensibles à l'intoxication saturnine par l'ingestion de billes de plomb de chasse. Même si ces billes de cartouche de chasse sont interdits en France pour les gibiers d'eau, la pollution des zones humides est souvent chronique.

 

 

En France

 

Des milliers d'oies cendrées, venues du nord de l'Europe, survolent la France sur un large front, mais plus particulièrement la vallée du Rhône (fleuve passant par Lyon notamment). Il est alors possible de les observer dans les zones humides où elles font halte. Elles s'arrêtent peu en automne, par contre on peut les observer plus longtemps au printemps lorsqu'elles regagnent leurs sites de nidification. Quelques milliers de couples hivernent en France ; on a dénombré 5 200 couples en 1990 et 7 950 en 1996. Enfin on a observé quelques couples qui ne migrent pas du tout et restent à demeure.

Certains sites de regroupement sont célèbres comme la Camargue et les réserves ornithologiques

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