Hérisson européen (Erinaceus europaeus)

Présentation

  

Erinaceus europaeus vit toute l'année en Europe (en France notamment). Il mesure entre 22 et 27 cm. Sa queue mesure de 15 à 30 mm. Son poids est de 400 à 1200 g. Le Hérisson possède 36 dents. Il vit entre 7 et 10 ans au maximum, 3 ans en moyenne. Il porte environ 6 000 piquants érectiles (qui peuvent se lever), jaunâtres, brun foncé à l’extrémité. Le pelage est grossier, jaunâtre ou brunâtre, plus ou moins clairsemé. L'allure générale est hésitante : il s’arrête souvent pour humer (sentir) l’air. La mue n’est pas saisonnière. Les piquants sont remplacés irrégulièrement, et ont une durée de vie d'environ 18 mois.

 

Sa vitesse moyenne de déplacement est d'environ 3 m/minute. Il peut produire parfois des accélérations sur 30 à 40m. Quand il le veut le Hérisson est un bon grimpeur. En quelques secondes, il escalade un grillage de deux mètres de haut, se hisse au sommet d'une palissade ou monte sur un arbre fruitier. On l'a vu se battre dans un lierre, avec un rat; s'introduire dans une chambre à coucher au premier étage; nicher sous la paille d'un toit de chaume; se promener sur le faite d'un mur. Pour descendre ? Pas de problème, le Hérisson a une technique que les autres animaux ne sont pas près d'imiter. Il se contracte en boule et se laisse tomber dans le vide. Ses piquants (dont la base en forme de coude fait office de ressort) amortissent la plupart des chocs. On prétend même qu'il peut dégringoler de huit mètres de haut sans se faire ni plaie ni bosse. 

 

Notre héros est d'ailleurs un  habitué des chutes à la verticale,  car il a la manie (assez stupide) d'avancer droit devant lui sans  chercher à contourner les  obstacles. C'est ainsi qu'il se retrouve couramment au fond des  piscines, bassins, puisards, fosses à vidange, gouts et autres cavités à  ciel ouvert. Remonter ensuite à la  surface est une autre histoire car  les murs en béton sont en général  trop lisses pour être escaladés. D'après une étude anglaise, la mort  misérable au fond d'une oubliette  serait la sixième cause de décès  chez les Hérissons.

 

 

Habitat

 

On rencontrera le hérisson partout où il peut trouver gîte et nourriture. On le rencontrera ainsi en lisière de forêt, dans les prés bordés de haie (paysage de bocage) ou dans les parcs et jardins. Dans nos jardins, on le dénichera plutôt sur le tas de compost où il trouve les insectes nécessaires à son alimentation.

 

On le trouve jusqu’à 2 000 m en montagne, et jusqu'au sommet dans les Vosges sauf dans les zones déboisées. Les domaines de différents individus peuvent se chevaucher mais les risques de rencontre sont peut-être réduits car les Hérissons s’évitent.

 

 

Alimentation

 

Le Hérisson consomme surtout de petits animaux terrestres tels que les lombrics, les scarabées, les chenilles, les araignées, les limaces, parfois des grenouilles, des lézards, de jeunes Rongeurs, des oisillons, des œufs, des cadavres (poissons inclus), aussi des fruits et champignons. Sa ration nocturne est d'environ 70 g. Les aliments sont saisis avec les mâchoires. Il fait énormément de bruit en se goinfrant: il mastique bruyamment, grogne, s'énerve, envoie de la terre à plusieurs mètres lorsqu'il gratte le sol, fouille parmi les feuilles, renifle bruyamment. A part ces bruitages dignes d'une bête féroce, il n'a pas un répertoire très riche. On l'entend parfois caqueter lors des moments de grande excitation.

L'Homme peut également le nourrir lors des hivers très rudes en lui donnant de la pâté pour chien où bien des croquettes.

 

 Hérisssons mangeant des croquettes dans une gamelle

  

Comportement

 

Le hérisson est un animal semi-nocturne. La nuit est consacrée à la chasse. Dès le crépuscule (coucher du soleil), il cherche sa nourriture. Il passe la journée dans un gîte qu'il aménage avec des feuilles, ou sous un buisson, et n'effectue que de rares sorties diurnes.

 

Les jeunes hérissons à la recherche de leur mère émettent un sifflement. Son organe sensoriel le plus développé est l'odorat. Il possède également une ouïe (sens de l’audition, entendre) très fine.

 

 

Hibernation

 

A la fin de l'automne, il commence à chercher un endroit pour hiberner. Ses sites d'hibernation favoris se situent généralement sous un tas de bois, un tas de feuilles, sous un arbuste ou tout autre endroit à l'abri du froid et du vent. Une fois le site idéal trouvé il s'aménage un petit nid capitonné de mousse et de feuilles.

 

Dès que sa température corporelle chute en dessous de 10° C, il entre en vie ralentie, mais se réveille brièvement de temps à autre lorsque la température devient trop basse. A chaque réveil, il épuise ses réserves énergétiques (réserves de graisse), ce qui peut lui être fatal pour passer le reste de l'hiver. Le réveil définitif se fait au printemps, vers le mois d'avril, quelles que soient les conditions climatiques.

 

 

Hérisson se mettant en boule pour se protéger (du froid et de ses prédateurs)

  

Reproduction

 

Peu après la fin de l'hibernation commence la saison du rut, qui dure jusqu'au mois de septembre. Après une période de gestation de 5 à 6 semaines, les femelles mettent bas 4 à 7 jeunes. Il peut y avoir 2 mises bas dans l'année. Le jeune hérisson devient adulte au printemps suivant sa naissance. La copulation a lieu surtout au printemps après l’hibernation (Les mâles sont féconds d’avril à août). La gestation dure de mai à octobre, mais surtout en mai-juillet et septembre. La maturité sexuelle est obtenue à l'age de 1 an. La gestation dure de 31 à 35 jours. On compte 4 à 6 petits par portée en moyenne. Il n'y a qu'une seule portée annuelle. La femelle possède 10 tétines. Les jeunes sont aveugles à la naissance : les piquants, blancs et mous apparaissent peu après. A 36 heures, ils sont foncés sauf à l’extrémité blanche. Les jeunes se mettent en boule à 11 jours et commencent à quitter le nid à 22 jours. Le sevrage a lieu entre 4 et 6 semaines. Seule la femelle s'occupe des petits, maïs il semble qu’elle les laisse la nuit (radio-tracking).

 

 

Menaces

 

La principale cause de mortalité est sans doute la faim pendant l’hibernation. Ensuite viennent les prédateurs comme le Blaireau, le Renard roux, la Martre et d’autres Carnivores tels que l'Aigle royal et le Hibou grand-duc, mais les restes trouvés dans l’estomac ou les pelotes de rejection correspondent sans doute pour partie à des Hérissons morts pris sur les routes ou ailleurs. En général, le Hérisson manque là où il y a des Blaireaux.

 

 Le hérisson bénéficie d'un statut de protection total par l'arrêté du 17 avril 1981. Il est donc interdit en tout temps et sur tout le territoire français, de détruire, capturer ou enlever, de naturaliser, qu'il soit vivant ou mort, de transporter, d'utiliser, de commercialiser le Hérisson d'Europe.

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